I : LES ROBOTS
BIOLOGIQUES
L’homme, tant physiquement que mentalement
(conscience, pensée, personnalité) est le résultat de l’interférence de deux principes:
- d’une part, un principe déterministe,
invariant à l’échelle de l’individu (sauf par mutation ou manipulation génétique, destruction de neurones, modification chimique par des drogues, électrostimulation) qui est constitué dés la
fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, principe relevant de la biochimie moléculaire résultant de la transformation évolutive de l’énergie primordiale (big-bang) dans sa phase d’expansion,
principe qui va instituer définitivement tous les critères et aptitudes physiques et mentales de l’individu, constitué par le génotype: l’INNE.
- d’autre part l’ensemble des éléments
stockés dans diverses mémoires ACQUIS par les stimuli exercés sur les sens (apprentissage des
odeurs, des goûts, des formes, des couleurs et des mouvements, des sons…), par l’enregistrement de toutes les situations vécues tout au long de sa vie au quotidien, de tout ce qui est appris (le
langage, les connaissances théoriques, les informations, les idées…. qu’elles soient vraies, entachées d’erreurs ou inepties totales), de ce qui est imaginé ou réfléchi par l’individu et des
divers conditionnements exercés par la famille, les enseignants, les religions, les civilisations, les us et coutumes….
Ces deux principes, indispensables l’un à
l’autre, s’interfèrent tout au cours de la vie, l’ACQUIS agissant comme le «nutriment» du moteur mental INNE (l’ensemble des gènes qui commandent les aptitudes mentales), et l’INNE permettant la
saisie (par l’intermédiaire des sens) des éléments ACQUIS et leurs gestion (grâce aux aptitudes mentales). Si la qualité de l’inné induit la qualité de l’acquis, sans l’acquis l’inné se réduit à
la vie végétative du comateux ou du fœtus. L’activation du système «réception sensitive-réaction» génère de multiples mémoires qui permettront d'accéder
à un certain niveau de conscience qui reste néanmoins parcellaire et momentané, à l’action volontaire et au libre arbitre (ou un semblant de libre arbitre). Les
différentes mémoires s’impriment dans le cortex grâce à la plasticité cérébrale au fur et à mesure des acquis.
L’ACQUIS agit comme un révélateur de l’INNE alors que l’INNE détermine les limites de l’ACQUIS: nous enregistrons les sons que notre ouïe nous permet
de capter, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas des sons inaudibles pour nous, ni que des sons inaudibles pour nous ne soient pas captés par d’autres; de même, le fait de ne pas comprendre
quelque chose n’empêche pas que d’autres la comprennent, pas plus que le fait d’être nul en math n’interdit à d’autres d’être matheux. La quantité de sens (un aveugle de naissance ne vit pas le
monde comme un voyant) et la qualité de chaque sens influent la capture des éléments ACQUIS tout comme la quantité et la qualité des aptitudes mentales influent la compréhension et la gestion des
éléments ACQUIS: les
différentes formes d’intelligence (l’intelligence pratique, l’intelligence sociale, la logique, la dialectique…), les dons, l’imaginaire, le talent…mais aussi les goûts et tendances tel que être
plutôt physique ou mental, actif ou passif, autoritaire ou obéissant, nerveux ou calme, sanguin ou apathique, extraverti ou introverti, orgueilleux ou humble, réfléchi ou instinctif, sérieux ou
futile, rêveur ou pragmatique, l’empathie, la crédulité, l’émotivité, la sensualité, la sexualité…relèvent tous de l’INNE par l'intermédiaire du cerveau, l’ACQUIS agissant avant
tout comme révélateur de l’inné, comme «nutriment de l’âme» (les mémoires donnant l’illusion d’une âme indépendante du corps), mais aussi comme modérateur ou comme contradicteur de l’inné
(occasionnant des conflits internes générateurs de troubles, maladies psychologiques ou psychosomatiques). «l’ACQUIS appris» ne confère qu’un conditionnement (dressage)
ou qu’un substitut de l’aptitude innée correspondante, une imitation tout comme un acteur imite la vie d’un
autre: on peut apprendre à jouer d’un instrument de musique et rester un piètre musicien si l’on n’a pas le talent correspondant, ou apprendre et appliquer des formules mathématiques sans être
capable de les comprendre ou de les reformuler; à contrario, un musicien talentueux ne sera jamais détecté s’il n’a jamais l’occasion de jouer d’un instrument ou un matheux d’inventer une
nouvelle formule s’il n’exerce que dans le concret.
L’homme est un mammifère qui a bénéficié
d’une évolution (mutations génétiques et adaptation au milieu) consistant en une augmentation phénoménale de sa capacité mémoire (forte augmentation du volume et de la qualité du cerveau), en une
évolution du corps physique (bipédie) lui permettant des actions qui ne seraient pas possible à un poisson, à un volatile ou à un mammifère à quatre pattes, en une transformation du système
«pharynx + langue» qui va permettre d’émettre quantité de sons, et en une
aptitude spécifique à l’homme: le langage. Le langage va servir à coder l’existant, et ainsi à appréhender l’abstrait, la pensée, la conscience d’être conscient (conscience réfléchie: je pense
donc je suis), l’espace temps, alors que les autres animaux vivent uniquement dans la réalité perçue par leurs sens, dans l’émotion produite par ces perceptions, dans la conscience du réel (je
souffre donc j’existe), dans l’instantanéité et dans la nécessité biologique d‘effectuer des actions de survie engendrées par la souffrance (faim, soif…) et récompensées par la disparition de la
souffrance (émotion qui va se transcender en plaisir chez l‘homme): l’animal poursuivi par un prédateur vit dans l’émotion de la peur, dans la conscience d’un danger de souffrance (voire de mort
en tant que servir de repas et non en tant que concept) présente et persistante tant que le prédateur est à proximité, alors qu’il n’a pas du tout conscience de sa mort inéluctable, ni de la
temporalité des événements et qu‘il n‘en garde aucune angoisse. Cette évolution donnera à l’homme un avantage certain et en fera le roi des animaux, mais elle va lui provoquer beaucoup de
déboires à cause de son manque de «conscience intelligente», de lucidité; pire encore, en plus des contraintes de
la vie (se nourrir, dormir, se protéger des prédateurs (de l’homme principalement), se reproduire…), l’individu doit aussi affronter les contraintes mentales (et conditionnements) exercées
par les parents, les éducateurs, la société, les lois, les religions, chacune de ces contraintes étant plus ou moins en phase ou en opposition avec son inné, provocant ainsi des troubles mentaux
(anxiété, dépression, obsession, refoulement, fanatisme, névrose, psychose…) et des maladies somatiques d‘origine psychique. L’homme sera aussi victime de son ignorance, de son aveuglement, de
ses croyances et de ses idéaux relevant du fantasme, de ses désirs insensés, des évènements psychologiques traumatisants…
Les aptitudes mentales et les mémoires sont
constitués d’une multitude de «petits programmes informatiques» éparpillés dans des zones distinctes du cerveau, reliés
entre eux par un câblage inextricable, baignés par des solutions hormonales et soumis à des impulsions électriques. La structure du cerveau et ses modes de fonctionnement sont l’aboutissement de
millions d’années d’évolution. On estime à plus de 100 milliards le nombre de neurones, chaque neurone possédant de 5000 à 200 000 contacts synaptiques. On évalue à plus de 10 000 la
diversité des neurones, sans compter que chaque neurone comporte une variabilité qui porte sur plusieurs caractères ayant des conséquences fonctionnelles majeures. Et c’est sans compter le rôle
des hormones dont l’action peut aussi bien d’être un simple régulateur que d’être un booster ou un grand perturbateur comme dans les cas de traumatisme psychique ! Le génotype, que l’on peut
comparer à l’écriture binaire des premiers programmes informatiques, est une «écriture quaternaire» (quatre macromolécules reliées en binômes formants une
double hélice) constituant un logiciel de plus de trois milliards de caractères agencés en triplets qui définissent 20 acides aminés dont une multitude d’associations vont générer plus de 30 000
gènes regroupés dans 23 chromosomes… lequel logiciel correspond à l’ensemble des logiciels d’un ordinateur (software) plus de l’ordinateur lui même (hardware) plus des usines qui construisent les
différentes pièces de l’ordinateur plus le service entretien réparation (régénération)… le génotype étant à la source de tout ce qui constitue le physique, du moindre poil jusqu’au cerveau dont
les neurones spécialisés et les hormones donneront les aptitudes mentales et les attitudes comportementales: l’INNE. Le génotype qui est constitué dés la fécondation de l’ovule par le
spermatozoïde, subit les affres des génétiques parentales (mélange des deux génotypes) qui eux même on subit ceux de leurs parents…et va se répliquer des milliards de milliards de fois pour
aboutir au produit fini. Hors il se produit un certain nombre d’erreurs dans la duplication qui endommagent ou avortent certains petits programmes, causant des imperfections dans l’application de
certaines aptitudes, voire l’impossibilité de certaines aptitudes, lesquelles peuvent aussi être endommagées par destruction (chirurgie, blessure, infection), par la prise de drogue (y compris
durant la gestation) ou par choc électrique. Les neurosciences ont un avenir prometteur pour la compréhension du fonctionnement du cerveau générant les aptitudes, la pensée, la conscience…
En résumé:
- Il n’y a évolution qu’au niveau
de l’espèce et non de l’individu.
- Le déterminisme de l’INNE ne
peut en rien être reprogrammé par l’ACQUIS.
- L’INNE est sujet à nombre
d’imperfections soit héréditaires, soit dues à des erreurs de duplication de l’ADN, ou à des destructions locales de neurones.
- L’INNE est responsable des
différences physiques et psychologiques qui font que, bien qu’appartenant à la même espèce, nous sommes tous différents les uns des autres.
- L’INNE peut être modifié ou
perturbé par chimie (hormones, drogues…), chirurgie ou atteinte physique (AVC, destruction de neurones…), impulsions électriques, ou par manipulations génétiques.
- L’ACQUIS n’est qu’un révélateur
de l’INNE c’est à dire des aptitudes physiques et mentales qui sont programmées par le génotype dés la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde.
- L’ACQUIS est le
«nutriment» indispensable au fonctionnement et au
développement de l’INNE.
- L’ACQUIS construit par le
stockage dans différentes mémoires un semblant d’âme illusoire.
- L’ACQUIS permet un simulacre
d’inné par mimétisme comportemental, dressage ou conditionnement, ou par connaissances théoriques (simulacre d‘intelligence).
- «L’ACQUIS
théorique» initié par les religions et les civilisations
est générateur de troubles psychologiques, de maladies mentales ou psychosomatiques de part leurs confrontations plus ou moins oppositionnelles à la vraie nature humaine ou à l’INNE propre à
chaque individu.
- «L’ACQUIS
théorique» est dévoyé par les erreurs prises pour
vérités, les mensonges et manipulations divers en vu de tromper, d’exploiter ou de neutraliser… Il induit de nombreux effets pervers (mentaux) qui s’ajoutent aux imperfections de l’inné.
- Les «programmations
reflex» dévoyées (comportements inadéquats acquis par
dressage ou conditionnement ou comportements mimétiques) engendrées par des ACQUIS se mémorisant dans l’inconscient peuvent être déprogrammées par leur prise de conscience, par un apprentissage
correctif ou par punition.
- Les comportements intrinsèques
induits par des dichotomies ACQUIS-INNE peuvent être décelés par la psychothérapie, ce qui permet au mieux de les canaliser ou de les réprimer, au pire d’en connaître le pourquoi.
- Les comportements pervers
relevant uniquement de l’INNE (pulsions criminelles) ne sont correctives que par atteinte à l’inné.
Ainsi l’on peut au mieux se
connaître (tâche très difficile compte tenu de la distanciation nécessaire, de l‘objectivité indispensable, de l‘état de conscience absolu à atteindre, de la lucidité, donc fonction de la qualité
de l‘inné), au moins essayer de connaître ses désirs et ses pulsions, d’en comprendre les mécanismes pour désamorcer les situations, de contrôler ses travers et de les canaliser, au minimum
contrebalancer ses inaptitudes par le savoir appris, qu‘il soit théorique ou comportemental.
Mais on a beau chasser le naturel, il
revient au galop. Savoir n’est pas comprendre, imiter n’est pas être… S’il suffisait d’apprendre pour former ou transformer un individu, il y a bien longtemps que les religions qui nous ont été
inculquée dés notre plus tendre enfance depuis des millénaires auraient fait de nous tous des saints, alors qu’elles ne sont génératrices que d’hypocrisie, de mensonges, de tabous, de
refoulements, d’hystérie, de fanatisme, de guerres et de crimes en leur nom et en contradiction parfaite avec leur doctrine, malgré la promesse d‘un paradis ou d‘un enfer éternel; et que dire des
lois humaines tel que la peine de mort qui n’a jamais éradiqué le crime, du communisme et du maoïsme imposés pendant des décennies sans aucun résultat malgré l’idée de «liberté, égalité,
fraternité» bien plus intrinsèque à ces idéologies qu’aux démocraties qui la revendiquent, de l’échec de toutes les idéologies politiques, religieuses, sociologiques…a fédérer les individus, à
établir des lois universelles? C’est la nature humaine dans sa biodiversité qui en est responsable, mais c’est une nécessité évolutive que d’avoir une intrication d’ordre et de désordre, de
règles et de chaos.
L’homme ne saurait échapper aux lois de la
nature et au déterminisme de son inné sans sombrer dans la folie. L’homme civilisé perd de plus en plus le sens des réalités : il est obnubilé par sa volonté d’échapper à la mort et à sa nature
animale, et à satisfaire ses désirs les plus insensés, perdant toute notion du nécessaire (besoins) et du superflu (désirs), ce qui le conduit, après avoir pillé la nature, à la détruire et donc
à se détruire.
l’ACQUIS humain, particulièrement dans les
sociétés très développées, qui est un mélange de réalités et de subjectivités, idées, impressions, mensonges, inepties, contraintes n’ayant aucun fondement réaliste ou opposées à l‘INNE
individuel… est une usine à fous, allant de la folie douce à la folie pure.
Nous sommes tous les acteurs
d’une comédie dramatique créée à chaque instant par la conjonction du déterminisme de notre INNE et du hasard des événements du vécu et autres ACQUIS, et nous en sommes la première victime
(coupable mais pas responsable).
Une leçon est à tirer de cela concernant
les enfants: il faut savoir que le cerveau n’est totalement opérationnel (l’INNE) que vers l’âge de 16 à 20 ans, que pour se développer il lui est nécessaire d’être stimulé, qu’un cerveau non
stimulé s’étiole, que les mémoires sont vierges à la naissance sauf des premières perceptions ressenties dans le ventre de la mère (ainsi que de ses fortes émotions qui peuvent imprégner la
mémoire inconsciente du fœtus), que c’est dans le premier âge (0 à 3 ans) que les perceptions sont les mieux enregistrées (découverte de la vie), que les émotions éprouvées dans l’enfance
marquerons l’inconscient pour la vie …bref que l’enfance est primordiale dans la construction de l‘individu (acquis révélant l‘inné plus acquis appris), que l’éducation scolaire s’adresse
principalement à l’acquis appris, qu’il incombe donc aux parents de révéler les aptitudes de l’enfant pour l’orienter au mieux, et de le protéger strictement de toute expérience traumatisante et
d'éviter tout conditionnement.